Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire ! Voici le printemps ! mars, avril au doux sourire, Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis ! Les peupliers, au bord des fleuves endormis, Se courbent mollement comme de grandes palmes ; L'oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes ; Il semble que tout rit, et que les arbres verts Sont joyeux d'être ensemble et se disent des vers. Le jour naît couronné d'une aube fraîche et tendre ; Le soir est plein d'amour ; la nuit, on croit entendre, A travers l'ombre immense et sous le ciel béni, Quelque chose d'heureux chanter dans l'infini.
Viens, je te montrerai la jacinthe pareille A de roses baisers, le mauve et doux lilas Couronnant le buisson de bouquets délicats, La joyeuse jonquille au pré qu'elle ensoleille,
De l'or et de l'argent emplissant ma corbeille, Le pâle liseron, la pivoine grenat, La pimprenelle pourpre et le trèfle incarnat, Le millepertuis jaune où butine l'abeille,
La sage marguerite aux rives du sentier, L'ardent coquelicot, le bleuet cocardier, La brune ravernelle et la rose trémière...
Viens, l'arc-en-ciel brillant aux subtiles senteurs Posera sur nos fronts son aura de lumière Et des rêves heureux, en bouquet, dans nos coeurs.
Pour bercer un enfant, chanter... Pour pouvoir dire "Je t'aime..." Mais chanter tout le temps...
Pour implorer le ciel ensemble, En une seule et même église, Retrouver l'essentiel... et faire... Que les silences se brisent...
En haut des barricades, Les pieds et poings liés, Couvrant les fusillades, Chanter sans s'arrêter...
Et faire s'unir nos voix, Autour du vin qui ennivre, Chanter quelqu'un qui s'en va, Pour ne pas cesser de vivre...
Quelqu'un qui s'en va Pour ne pas cesser de vivre...
Chanter, Celui qui vient au monde...l'aimer... Ne lui apprendre que l'Amour, En ne formant qu'une même ronde, Chanter encore et toujours...
Un nouveau jour vient d'éclore... Pouvoir encore s'en emerveiller, Chanter malgré tout toujours plus fort... Ne plus faire que chanter...
Et faire s'unir nos voix, Autour du vin qui ennivre, Chanter quelqu'un qui s'en va, Pour ne pas cesser de vivre...
Oohhooohoo Je ne sais faire que Chanter, Pour quelqu'un qui s'en va Pour ne pas cesser de vivre...
Chanter, {Chanter} Pour oublier ses peines. {Ohohoo} Pour bercer un enfant... chanter... Pour pouvoir dire "je t'aime !" {je t'aime...} Chanter tout le temps {tout le temps...}
En haut des barricades, {Ohoho} Les pieds et poings liés, {Chanter...} Couvrant les fusillades, {c'est clair...} Chanter sans s'arrêter... {chanter...}
Et faire s'unir nos voix, {ohoho} Autour du vin qui ennivre, {Chanter...} Chanter quelqu'un qui s'en va, {qui s'en va...} Pour ne pas cesser de vivre... {cesser de vivre...}
Ohooo Je ne sais faire que chanter Pour quelqu'un qui s'en va {qui s'en va, qui s'en va...} Pour ne pas cesser de vivre... Chanter..
Duchesse est une jolie chatte. Blanche aux yeux bleus pairs. Tous les chats males en sont fous et les autres chattes l'envient.
Un jour Duchesse décida d'avoir des enfants. Mais elle était bien triste. Elle ne savait pas quel père serait convenable pour les enfants qu'elle portera.
Dilind, le plus bavard et menteur de tous les chats dit à Duchesse:
- "Bonjour Duchesse!"
- "Bonjour Dilin".
- "Duchesse, je trouve que je serais le père idéal pour les petits que nous aurons".
Duchesse, qui détestait Dilin, lui répondit gentiment:
- "Non merci Dilin le roi des félins (c'est comme ça que les chats l'appellaient). Je vais me contenter de trouver le meilleur père pour mes enfants".
- "Ne suis-je pas le père idéal?"
- "Non!" lui répliqua Duchesse, et elle partit au clair de lune la tête basse.
Tout à coup elle entra dans le cabaret Matou où tous les chats allaient lorsqu'ils s'ennuyaient. Quand elle rentra elle remarqua que tous les chats faisaient un gros cercle autour de quelqu'un. Duchesse s'approcha doucement. Un nouveau était arrivé dans la ville de Matou. Il s'appellait Bidule.
Duchesse regarda discrètement Bidule parler. Elle était fascinée. Il avait des yeux bleus comme l'eau et le poil gris comme les nuages.
Quand Bidule eut fini de parler Duchesse le suivit. Il s'assit et prit une bière. Duchesse demanda poliment:
- "Je peux m'asseoir?"
Bidule n'en revenait pas; il avait la bouche grande ouverte et il ne pouvait plus la fermer. La plus belle chatte du monde était à sa table, là, devant lui. Bidule bafouilla:
- "heu!...heu! oui, oui... bien sûr asseoyez-vous".
Duchesse s'assit et commença à parler.
- "D'où venez-vous?"
- "De Las Vegas, et vous?"
- "Je suis d'ici."
Bidule ne faisait que regarder Duchesse et Duchesse ne faisait que regarder Bidule. Elle se disait que ce chat allait peut-être être le meilleur père pour ses enfants. Bidule, lui, se disait qu'elle serait sans doute une excellente mère pour les enfants qu'il désirait avoir.
"Dégage, matou miteux. Duchesse est à moi".
Et il jeta par terre Bidule.
Bidule vexé se battit. Il gagna la bataille et embrassa Duchesse.